France v/s Italie  (l'oeil de Meux-Meux) posté le lundi 10 juillet 2006 19:21

C’est une immense désillusion. Pourtant dominatrice, notre équipe de France s'est inclinée face à l'Italie ce dimanche 9 Juillet 2006 à Berlin en finale de la Coupe du monde de la pire des façons. Les Bleus avaient ouvert le score sur un penalty de Zidane puis les Transalpins ont égalisé par Materazzi qui, en prolongation, provoquera l'expulsion de Zidane pour le dernier match de sa carrière.

I ) Tout était en place pour le sommet...

Cette finale s’annoncé comme l’apothéose d’une improbable et à vrai dire incroyable épopée. Improbable tour d’abord si l’on repense à ces longs mois de galère en phase qualificative pour décrocher péniblement un billet pour la Coupe de Monde. Incroyable ensuite si l’on repense à notre très pâle et très décevante entame de compétition où nos bleus n’avait réussi à battre ni la Suisse, ni la Corée. L’apothéose enfin, car cette finale devait être le sommet et la conclusion de la carrière de trois de nos plus grands champions : Zidane, Thuram et Barthez après trois matches mythiques face à l’Espagne, au Brésil et au Portugal à un degrés moindre certes. Tout était en place pour le sommet. La France s’était paré en bleu-blanc-rouge comme en 1998, les écrans géants fleurissait les places de village, les femmes se prenait au jeu et en finalité, tout le peuple Français esquivé un espoir certains de ressusciter l’été 1998. Il n’en sera rien.

II) Henry KO et Zidane «à la Panenka» !

Cette finale débute par une grosse frayeur pour Thierry Henry. Brutalement arrêté par Cannavaro et resté longtemps KO, Titi nous fit craindre une sortie prématurée. Le joueur d’Arsenal reviendra finalement sur la pelouse où les Bleus, en blanc pour l'occasion, peinent à entrer dans le match. Mais sur leur première incursion dans le camp adverse, les hommes de Raymond Domenech font mouche : Malouda s'infiltre dans la surface, Zambrotta tend la jambe, le Lyonnais s'écroule. Mr. Elizondo siffle un penalty généreux que Zidane transforme d'une pichenette «à la Panenka» avec l'aide de la transversale. Jusque là, tout va bien... Dans cet première mi-temps, les Français tienne largement des Italiens jusqu’à cette dix-neuvième minute. Corner d’Andrea Pirlo côté droit. Au second poteau, Materazzi prend le dessus sur Vieira pour marquer d’une tête puissante sous la barre. Égalisation. L’Italie revient au score sur ce corner, peut être trop tôt pour nous...

III) Dominer n’est pas gagné

Au retour des vestiaires la surprise fut considérable de voir les bleus étouffer les Italiens, donner du mouvement et du rythme à cette partie qui à vrai dire, commençait seulement. De nombreuses actions, des choses tenté mais jamais rien de conclus. Il manquait assurément quelque chose pour faire la différence face à Cannavaro et Buffon, littéralement imbattable. Durant quatre-vingt-dix minutes Fabien Barthez a du toucher trois ballons alors que Gigi Buffon a multiplié les arrêts de classes comme sur la tête de Zizou que le peuple tricolore avait déjà vu au fond. Vieira claqué, laissa sa place à Diarra et alors que l’on s’acheminait vers les prolongations, Zinédine Zidane se blessa à l’épaule. Le meneur des jeu des bleus montra son désir de sortir mais Domenech l’ignora, on y reviendra...

IV ) Zidane n’avait pas le droit de nous faire ça !

Zizou resta donc sur le terrain. Cette saison, il faut avouer que Zidane a tout fait pour être au top et que pour garder ce créneau, à son âge, il s’était fixé comme ligne de conduite de laissé sa place des que son corps le lui disait. Avec son épaule touché, le Marseillais touché dans sa chère avait compris qu’un remplaçant serait plus utile que lui pour la fin de cette partie. Condamné à rester sur le gazon de Berlin sous un aire lourd et étouffant, Zidane, élu meilleure joueur de la compétition faisait ce qu’il pouvait et tous ces co-équipiers acculé les Italiens dans leurs camps. Trezeguet et Wiltord, héro de l’Euro 2000 face à l’Italie déjà étaient entrer pour forcer la décision mais comme tous leurs co-équipiers ils se heurtèrent au meilleure gardien du monde, Gianluigi Buffon, impeccable comme à son habitude. Il restait dix minutes à jouer dans les prolongations. A ce moment là, alors que le ballon est ressort du camp Italiens, Marco Materazzi et Zinédine Zidane s’explique. L’Italiens doit avoir l’un des pire mot du monde pour le Français qui, piqué au vif, lui asséna un coup de tête dans la poitrine. Le Matador dans le rôle du taureau. Ce geste échappa totalement à l’arbitre Argentins mais Gianluigi Buffon alla relater les faits à l’homme en noire, vêtu de rouge ce soir. A ce moment là, l’arbitre jeta un oeil sur le ralentis qui passait à l’écran géant du stade : chose interdite mais que l’on demande depuis si longtemps... En s’aidant donc de la vidéo pour la première fois de l’histoire, l’arbitre de cet final allait entrer dans l’histoire en expulsant au passage, l’un des plus grands joueurs de tous les temps. Zidane expulsé. Celui à qui on voulait construire une statue en or nous figea de marbre. Zinédine quittait le terrain pour la dernière fois de sa vie et on le savait tous. En un geste fou Zidane allait nous faire oublier les dizaines de matches où il nous a fait rêver, où on l’a aimer, où on l’a aduler. Celui qui se devait d’être un exemple, celui que des milliards d’hommes et de femmes mais aussi et surtout d’enfant émerveiller regarder, allait montrer le pire côté de l’homme : la violence. Zidane allait donc avoir une sortie à la Georges Hagi le Maradona des Carpates. Deux génies étrangement liés capable d’enchanter le public comme de déraillé aussi violement qu’imprévisiblement. Le dernier match du Roumain c’était contre l’Italie, déjà... Cette acte était-il préméditer? Était-ce pour un homme blessé la seul solution de quitter le terrain? Était-ce tout simplement pour un homme sanguin qui s’était apparemment calmé, le moment de nous rappeler qu’il n’était qu’un homme? Zizou est de toutes façon impardonnable, comme nous sommes inconsolable et que cette sortie était inconcevable.

V ) L’Italie : un champion du monde quelconque

Sans Zidane donc, la France parvint à contenir les Italiens et s’offrait donc à la loterie des tirs aux buts. Les Italiens marquèrent toutes leurs tentatives. Côté Français, David Trezeguet échoua. L’Italie était Championne du Monde. Point, c’est fini. Aussi violement qu’injustement nous n’avions plus que nos yeux pour pleurer et plus Zidane pour nous consolait. Le remercier pour tout ce qu’il a fait ou lui en vouloir pour cette dernière symphonie inachevée? Chacun ferra comme bon il l’entend. Il faudra du temps pour qu’on s’en remette, s’en remettra-t-il un jour? En tout cas on aurait aimer voir Zidane consolait un Thuram effondré ou aller chercher dignement sa médaille. Celui qui nous porta si dignement notre paletot bleu nous a vraiment déçu mais la vie continu. Si les plus forts n’ont pas gagné, l’équipe de France n’a pas démérité. Les Ribéry, Malouda, Gallas, Vieira et autres Sagnol ont encore de belles choses à faire avec le maillot floqué du coq. On retrouvera cette équipe en bonne place dans les prochaines compétition, c’est promis. L’Italie n’est assurément pas pour sa part l’équipe qui a le plus impressionné. Solide derrière, physique au milieu et réaliste devant, la Squadra Azzura aura su triompher alors que les plus grandes équipes de son Championnat son en pleine crise. Si l’on se remémore ce mois de Football, on se souviendra que l’Espagne et l’Argentine ont enchanté le premier tour mais l’équipe qui a le plus convaincus était peut être finalement l’Allemagne de Jürgen Klinsmann. Vainqueur de la petite finale, les co-équipiers de Miroslav Klose, meilleure buteur de ce Mondial n’ont pas démérité dans cette Coupe du Monde des défenseurs qui n’aura pas été très spectaculaire.

A l’heure où je conclus cet article, j’ai devant moi les images de la réception des Bleus au Palais de l’Élysée. Seul Fabien Barthez manque à l’appel. Zidane, Henry et Sagnol semble les plus abattus. Dans son discours le chef de l’état aura rendu un hommage appuyé à notre « France qui est forte quand elle est rassemblé ». Jacques Chirac aura finalement eu les même mot que l’on aurait pu dire à notre équipe de France. Lui dire tout simplement Merci et conclure en disant à Zizou que quoi qu’il ai fait, on aura toujours de « l’admiration et de l’affection pour ce génie et virtuose du football mondial que vous êtes Monsieur Zinédine Zidane ».

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